mercredi 9 avril 2008

Pfiou !

Mesdames et Mesdames, c'est par ici que ça se passe : http://cleomaxicama.hautetfort.com/

lundi 7 avril 2008

La vie, c'est comme un concombre : soit tu l'as en main, soit tu l'as dans le c..

Dommage que ce soit les vacances... avec la neige qu'il y a, le verglas qui empêche les voitures de rouler à allure normale, ça aurait été un joli bazar au collège. J'aime bien être le premier en vie en scolaire (bon ok, ce n'est pas bien difficile : mes collègues arrivent tous avec au moins un quart d'heure de retard...) et signer les mots d'absence.

Quand je pense que je stressais à l'idée de rapporter un mot sans justificatif... c'était vraiment sans savoir que la plupart des autres rendait n'importe quoi. Le collégien n'a pas peur du ridicule et surtout se croit plus malin que tout le monde. Il te présente sans vergogne son mot d'absence qui est rédigé pile à côté d'un mot dicté par un professeur de sorte que tu puisses comparer l'écriture on ne peut plus facilement.

- « C'est toi qui as écrit ce mot ? »
- « Ben oui, heiiiiin ! »

Bouge pas coco... Je lui explique donc que je vais lui faire un mot avec le super ordinateur de la Vie Sco' pour que je puisse garder son carnet “ pour le montrer au CPE ”. À ce moment-là, le collégien devient fou : il est prêt à tout casser.

Comment le calmer ? Je lève mon mètre 80 (c'est ce qui est écrit sur ma carte d'identité mais en fait je suis tout petit... bizarre) et, même si je suis aussi musclé que Vincent McDoom, il se calme.

Une fois que tout le monde a filé en cours.... (ou presque : car il n'y a pas un jour où personne n'arrive en retard), je dois appeler les parents. Souvent ils ne sont pas là (les gens travaillent, apparemment...) alors il faut réitérer l'appel entre 12 heures et 14 heures. Dans la plupart des cas, ils sont au courant que leur progéniture a été absente et a signé le mot : c'est seulement qu'ils n'ont “ pas eu le temps ” de le faire eux-mêmes...

Je suis impressionné par l'incurie de certains (la plupart...) parents : parents à mi-temps à partir du CP et parents à l'occasion à partir de la 6e, ils considèrent que c'est à l'école que revient tous les rôles, sans exception. Punir, éduquer, cultiver, former, orienter, dialoguer, soigner, recadrer, rendre heureux, donner de l'amour, etc. Leur implication dans l'éducation de leurs enfants se limite à leur faire à manger et à leur donner de l'argent pour qu'ils puissent sortir le samedi.

dimanche 6 avril 2008

Écrire une phrase

Les gens ne sont jamais contents, c'est terrible. Pour ta gouverne, odieux Lecteur, sache que j'ai tout de même battu un record en restant chez Haut&Fort de décembre 2006 à avril 2007 : tu ne vas pas me dire que ce n'est rien, tout de même. Maintenant, place aux choses sérieuses.

La première chose que j'ai apprise en philo, c'est que « pour que les idées viennent, il faut écrire, rédiger ».

Lors de la deuxième séance, la prof a demandé à chacun de ses 38 élèves de se répartir en petits groupes.

S'il est un risque que le professeur encourt en répartissant ses élèves en groupes de travail, c'est bien celui de la glandouille. En effet, le lycéen n'est pas, par nature, travailleur. Il préfère :

- critiquer : « Elle a mis tous les intellos ensemble...»,
- donner son avis sur tout : « J'trouve ça trop nul, c'te méthode ! »,
- comparer son sort à celui des autres classes : « Les L2 avec Monsieur X, ils ne font pas ça... »,
et se lamenter : « Pfff, on n'y arrivera jamais ! »

La méthode « groupes de travail » est en revanche particulièrement pertinente si l'enseignant souhaite perdre environ 5 heures de cours.

Bref. Mon groupe était constitué de deux prostiputes (V. et L1), d'une peste (L2), d'une intello-bobo (L3) et de moi-même. Nous cherchions alors une réponse à la question « Y a-t-il une explication rationnelle à tout ? ». Les deux prostiputes, redoublantes dans l'âme, ont sorti tout leur attirail : annabac, la philosophie de A à Z, que sais-je ?, etc.

Bon d'ailleurs cela me fait penser (je sais, je n'ai pas fini) que cette anecdote révèle dans une certaine mesure l'incapacité de certains élèves à comprendre que le manuel est, comme le disait mon prof d'histoire, une « boîte à outils » et seulement une « boîte à outils ». Comment un manuel pourrait-il se substituer à la réflexion ? Donc ces deux jeunes filles ont beau avoir cherché pendant les cinq séances de façon acharnées dans leurs bouquins, elles n'ont rien su écrire et n'ont d'ailleurs rien compris au sujet. Elles n'étaient pas capables de mettre en orbite les éléments piochés dans leurs livres. Elles ont redoublé, d'ailleurs.

Donc nous étions en train de noter des idées (i.e des mots) en vrac quand la prof est arrivée à notre table et nous a crié dessus (oui, ce n'est pas une délicate) : « Une idée, ce n'est pas un mot ! C'est une phrase avec un sujet, un verbe et un complément ! Alors vous allez me rédiger une phrase et vite ! »

Eh bien, ça a marché. On écrit une phrase puis les idées viennent progressivement. Une fois qu'on a noirci une page entière, on se sent mieux. On peut même relire, modifier, corriger, préciser, nuancer, hiérarchiser, etc.

Tout ça pour dire que ce moment, qui peut paraître somme toute banal, est pour moi très important.